Revue de presse: Vivez l'évasion de Ne Muanda Nsemi / Ministre angolais: "La situation en RDC est un problème très sérieux"! / Est les massacres continuent ni le Gouvernement ni la pseudo opposition ne les dénoncent

 

RDC, le pouvoir au prix de l'insécurité ? Ministre angolais: "La situation en RDC est un problème très sérieux"!

Vivez « l’évasion » de Ne Mwanda Nsemi de la prison de Makala
La situation en RDC « est un problème très sérieux », estime le successeur de Dos Santos!
Politico.cd 25mai  2017
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Pressenti pour succéder à Edouardo dos Santos à la tête de l’Angola, le ministre de la défense João Lourenço, également président du comité des ministres de Défense de la CIRGL, s’alarme sur la situation en RDC. Dans un discours prononcé à la réunion du Comité des ministres de la Défense des pays de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL), précédée d’une rencontre de  l’organisation des chefs d’Etat-major généraux de l’organisation, João Lourenço, successeur désigné par le MPLA (NDLR:parti au pouvoir en Angola) au président Edouardo Dos Santos, a affirmé que son pays veut contribuer pour que la Région cesse d’être le théâtre de violences: « nous souhaitons devenir une zone de croissance, du développement économique et social, et de l’harmonie entre ses habitants« , dit-il, cité par le média angolais Angop. João Lourenço a appelé à la coordination continue des efforts et de chercher des solutions pour éviter que le conflit en République Démocratique du Congo (RDC) affecte toute la région des Grands Lacs.
Pour le ministre angolais, la situation en République Démocratique du Congo « est un problème très sérieux”, comme en témoignent les actuels développements de violence dans les régions du Kasaï et du Kasaï Central, qui entraînent les crises  migratoires, sanitaires et humanitaires, avec des conséquences incalculables. « Outre des efforts internes entrepris par les acteurs politiques congolais, nous devons continuellement déployer sans cesse des efforts pour trouver les meilleurs voies pour la stabilisation et pacification de ce pays« ,  a-t-il suggéré.

Angola-Rdc : Le Ministre de la Défense angolais, João Lourenco, « la Rdc est notre grand partenaire, les relations entre les deux pays sont bonnes »

Dans une interview accordée à la presse locale, le Ministre de la défense angolais s’est dit étonné des fausses informations sur une tension imaginaire créée par les internautes sur la toile entre la Rdc et l’Angola ! Selon lui, son périple effectué aux États-Unis n’avait rien à voir avec la République Démocratique du Congo, qui selon lui, est un pays indépendant capable de gérer ses problèmes internes. C’était plutôt dans le cadre des relations bilatérales entre les États-Unis et l’Angola dans le domaine de la défense, qu’il s’était rendu aux USA. « L’Angola est libre de protéger ses frontières tant que Pays »dit-il , il n’ y a aucun problème entre l’Angola et la Rdc car nos relations sont en bon terme. a t-il déclaré. Patricia NSEKA correspondante depuis Luanda

RDC : Kabila, le pouvoir au prix de l'insécurité ?
(Le Point,  26/05/17)

Le président Joseph Kabila
Président depuis 16 ans, Joseph Kabila s'accroche à son fauteuil. Et nombre d'indices montrent qu'il est prêt à faire payer au pays le prix fort. Tout faire pour retarder l'organisation des élections et, si possible, changer la Constitution afin de briguer un nouveau mandat. C'est manifestement l'objectif de Joseph Kabila, théoriquement empêché de se succéder à lui-même au Congo-Kinshasa. D'est en ouest, le pays sombre peu à peu dans une violence entretenue savamment – disent certains – par les autorités. Analyse.
À l'est, des troubles récurrents
S'il y avait un enfer sur terre,Beni en serait la capitale. Depuis près de trois ans, cette ville-pandémonium, située au Nord-Kivu à quelques encablures du Parc national des Virunga, connaît les pires atrocités : massacres à l'arme blanche, décapitations, enlèvements, etc. Le bilan est lourd : plus de 700 morts parmi les civils depuis octobre 2014. À en croire les autorités congolaises, ces méfaits seraient commis par les ADF-Nalu (Allied Democratic Forces – National Army of Liberation of Uganda), un mouvement hétéroclite composé pour l'essentiel d'opposants ougandais réfugiés depuis plus de vingt ans en territoire congolais. Ceux-ci auraient, selon Kinshasa, « retourné » leurs armes contre la population civile après que l'armée congolaise eut commencé à les pourchasser. Mais la réalité semble plus complexe : les témoignages évoquant une collusion entre les ADF-Nalu et certains éléments des FARDC, l'armée congolaise, sous le regard passif de la Monusco, abondent.
Au-delà de Beni, ville martyre, c'est une grande partie de l'est de la RDC qui est sujette depuis plus de vingt ans à une instabilité chronique. C'est le cas en particulier des provinces du Nordet du Sud-Kivu. Infestées de milices armées qui pillent, violent, tuent, les populations locales y vivent un véritable calvaire. Toujours à l'est, mais plus au sud, l'ex-province cuprifère du Katanga, aujourd'hui hyper-militarisée par le pouvoir qui cherche à la contrôler, n'est pas non plus épargnée. Gédéon Kyungu, un criminel de guerre réputé pour sa cruauté, s'est évadé en septembre 2011 dans des conditions suspectes de la prison de Kasapa à Lubumbashi avant de rallier en octobre 2016 le pouvoir, qui le couvre depuis de ses bienveillances. En contrepartie de quoi ? Selon cet expert des questions de défense en RDC, qui réside à Lubumbashi, « Kinshasa entendrait utiliser Gédéon pour entretenir l'insécurité dans l'ex-Katanga. Ici comme ailleurs, elle servira de prétexte au gouvernement pour justifier le report des élections ».
Au centre, le Kasaï dans la tourmente
Depuis plusieurs mois, le Kasaï est frappé à son tour par la violence. En août 2016, le chef des Kamuina Nsapu, puissante autorité coutumière, qui s'était révolté contre les autorités de Kinshasa à la suite de leur refus de le reconnaître, avait été tué, amorçant ainsi un cycle de violences qui touche désormais huit des provinces du centre du pays. Ici aussi le bilan est dramatique : des centaines de morts, plus de 40 charniers dénombrés par l'ONU, 1,27 million de déplacés, 20 000 personnes réfugiées en Angola. La situation est telle sur le plan humanitaire que la commission chargée de l'organisation des élections (CENI) a affirmé qu'elle n'était pas en mesure d'enrôler les électeurs au Kasaï, berceau de l'UDPS et bastion de l'opposition tshisekediste. « Comme il paraît peu probable d'organiser le scrutin sans ces provinces, on s'achemine vers un nouveau report de la présidentielle », fait observer le journaliste Christophe Rigaud sur le site d'information Afrikarabia.com.
Signe de la tension extrême qui règne dans cette partie du pays, l'assassinat en mars dernier de deux experts de l'ONU, Zaida Catalàn et Michael Sharp, tous deux chargés d'enquêter sur les violences au Kasaï. Les autorités congolaises, enregistrement vidéo à l'appui, ont accusé les Kamuina Nsapu d'être les auteurs de ce double meurtre. Mais beaucoup doutent de cette version des faits « un peu facile ». Dans ce contexte explosif, les dernières révélations du New York Timesont fait l'effet d'une bombe. Le quotidien américain a révélé que Clément Kanku, un ministre congolais du gouvernement précédent, celui de Samy Badibanga, serait impliqué dans les massacres au Kasaï et que Zaida Catalàn détenait un enregistrement audio qui prouvait les liens entre Clément Kanku et la milice Kamuina Nsapu. Joseph Kabila avait-il nommé Kanku pour stopper l'insurrection, comme le laisse entendre le New York Times, ou pour une autre raison ? Le mystère demeure à ce jour. Quoi qu'il en soit, comme le relève avec justesse Christophe Rigaud, « en jouant ainsi avec le feu, le pouvoir réussit au moins le principal : cultiver le chaos pour empêcher la tenue des élections et espérer pouvoir organiser un référendum pour présenter une nouvelle candidature de Joseph Kabila ».
Situation sécuritaire au Kasaï Central : le général Kifwa « sidéré » par les propos de Delly Sesanga
Radio Okapi, publié le vendredi 26/05/2017
Le Commandant de la 2ème zone de défense de la RDC, le général-Major  Jean-Claude Kifwa, indique qu’il est sidéré par les propos tenus sur Radio Okapi par le député le député Delly Sesanga, selon lesquels il y a intensité de violence dans le Kasaï Central. Cet élu national avait aussi révélé, sur base des chiffres obtenus des fédérations de son parti et des organisations de la société civile de cette province, que les tueries du Kasaï ont fait plus de 3300 morts.
« Je suis sidéré d’entendre ces genres des propos de quelqu’un qui pétend être un élu du peuple. L’honorable en question n’a pas condamné les actes terroristes qui se passent dans son propre fief électoral. Il y a la destruction des infrastructures du patrimoine du domaine de l’Eglise catholique, on égorge des gens et il ne dénonce pas cela », s’insurge le Commandant de la 2ème zone de défense. Dans une interview accordée à Radio Okapi ce vendredi, le général-major Jean-Claude Kifwa déclare que la situation sécuritaire s’est améliorée dans tout l’espace kasaïen. Il précise que l’ordre y est rétabli à 80%.
« Aujourd’hui on vient de libérer 138 otages dans le groupement Kambembo, on a repris le contrôle de la localité Kabudimbu, dans le territoire de Luiza où nous avons libéré trois enfants qui étaient pris en otage pour être égorgés. Nous menons des opérations en appui à la police. Nous avons restauré l’autorité de l’état dans tous les chefs-lieux de territoire. D’ailleurs on a restauré l’autorité de l’Etat dans tous les chefs-lieux des territoires. Au Kasaï central, nous contrôlons les chefs-lieux des territoires de Luiza, Dimbelenge, Bomba, Dibaya, Kazumba. Mais nous évoluons aussi ailleurs », indique le général-major Jean-Claude Kifwa. Il sollicite l’implication des députés et de la population pour mettre définitivement fin au terrorisme qui sévit dans cette partie du pays. Il refuse d’avancer les chiffres et se réfère à ceux avancés par le porte-parole de l’armée, le Général Léon-Richard Kasonga. En fait, ce dernier avait affirmé, le 15 mai que trois cent nonante miliciens, trente-neuf militaires et quatre-vingt-cinq policiers étaient tués dans la mission des FARDC de restaurer l’autorité de l’Etat dans les provinces du Kasaï, Kasaï Central et Kasaï Oriental.
Belges et Français protègent des « infiltrés »
Le  Potentiel,  26 mai 2019
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La nouvelle liste de personnalités visées par des sanctions ciblées de l'Union européenne tarde à être rendue publique. Raison, sur cette liste figurent des protégés de certains pays européens, dont la Belgique et la France. Aussi certains observateurs avisés estiment-ils qu’au-delà de cette empoignade apparente se cache le vrai problème, à savoir la protection des « infiltrés » au service de leurs parrains. La liste de neuf personnalités congolaises visées par des sanctions ciblées de l'Union européennes comporte des noms qui n'arrangent pas les affaires de certains Etats européens. La Belgique et la France sont épinglées comme des pays qui mettent la pression pour que "leurs protégés" échappent aux sanctions. La caractéristique essentielle de ceux qui ont bénéficié de la protection des gouvernements étrangers est qu'ils détiennent la double nationalité. Un phénomène qui a pris de l'ampleur. Les statistiques sont effrayantes : trois sur cinq ministres, députés nationaux ou provinciaux, mandataires au sein des entreprises publiques...., détiennent une deuxième nationalité en cas de problème.
En se conformant à la loi congolaise, malgré le moratoire obtenu en février 2007 à l’Assemblée nationale, ces dirigeants sont dans l'illégalité violant la loi suprême de la République. Ledit moratoire à l’époque a été de trois mois. Dix ans plus tard, personne dans la classe politique congolaise n’ose le relever, car la plupart, sinon tous, en tirent des dividendes politiques et autres. Même la commission d’enquête devant être instituée à la même époque pour proposer le texte d’amendement de la disposition relative à la double nationalité de la loi sur la nationalité votée en novembre 2004 n’a jamais vu le jour. Composée des représentants de tous les groupes parlementaires, cette commission avait pour mission d’investiguer sur toutes les personnalités politiques congolaises qui siègent au sein de différentes institutions et autres structures, le but, au finish, étant l’invalidation ou la révocation de tous les contrevenants à la loi.
La nation congolaise trahie
Quid ? Le pot aux roses a été découvert à l’occasion des sanctions décidées par l’Union européenne à l’encontre des personnalités congolaises impliquées dans la violation des droits de l’Homme ou dans l’étouffement du processus démocratique. Des sources très au faîte du dossier ont indiqué que la plupart des responsables politiques et autres ne seraient que des taupes, grâce à leur double nationalité. Ils passent aujourd’hui pour des infiltrés au service de leurs pays d’adoption respectifs. Ils rendent compte, livrent des informations secrètes de la RDC à ces puissances qui, aujourd'hui, leur offrent protection afin de les laisser poursuivre leur travail de trahison de la nation congolaise. Au cœur de la gestion du pays, ces responsables politiques haut placés dans les institutions et autres structures de l'Etat sont des espions au service des puissances étrangères. Et pour distraire l’opinion nationale et la rouler dans la farine, ils se distinguent par leur discours patriotico-souverainiste.
Tout devient désormais clair.
Toute stratégie arrêtée à Kinshasa dans le plus grand secret à Kingakati, la ferme présidentielle, est aussitôt connue à travers des capitales occidentales. Le président Joseph Kabila, le gouvernement, le Parlement ..., personne n'est épargné par ces pieuvres qui ont leurs tentacules partout. Nul n'étant à l'abri, les discours souverainistes embouchés sonnent tellement faux qu'ils ne produisent aucun écho parmi les Congolais. Tout est orchestré dans le but d’amuser la galerie et surtout les crédules peu renseignés.
Initialement, c'est le 15 mai 2016 que cette liste était discutée et devrait être publiée.  En réalité, les parrains des certaines personnalités s'empoignent pour sortir leurs protégés de cette liste noire de l'Union européenne. Aussi les Belges qui ont défendu bec et ongles un ministre qui a enfants et femme dans le royaume et qui détiendrait également la nationalité de ce pays, retardent la publication de la liste. De leur côté, les Français sont également sortis du bois pour que le nom de leur taupe, bien positionnée sur l'échiquier des institutions de la RDC, soit retiré. D’aucuns sont d’avis que les gouvernements de ces deux pays européens ne devraient pas continuer de protéger indéfiniment ceux qui torpillent le processus électoral en RDC, de même que ceux qui se sont engagés sur la voie de violation systématique et répétée des droits de l'Homme, contrairement aux idéaux de l'Union européenne. Ces personnalités infiltrées sont en réalité au service de leurs employeurs auprès de qui ils sont comptables.
Sur la nationalité, l’article 10 de la Constitution du 18 février 2006 stipule :
« La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre. La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle. Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République démocratique du Congo) à l’indépendance. Une loi organique détermine les conditions de reconnaissance, d’acquisition, de perte et de recouvrement de la nationalité congolaise ».
Massacres au Kasaï : ONU, USA et Suède en quête de vérité
Le Potentiel, 26 mai 2017
Alors que l’Auditorat militaire général des FARDC s’apprête à débuter les audiences publiques dans le dossier du meurtre de deux experts de l’ONU, le Conseil de sécurité remet en doute les premiers résultats d’enquêtes menées par la justice congolaise. Ce dernier poursuit ses propres enquêtes et enjoint Kinshasa de coopérer pleinement. De leur côté, les USA et la Suède mènent aussi leurs propres investigations sur ces crimes dont leurs ressortissants sont victimes. C’est donc une profusion d’enquêtes visant à établir la vérité dans la tragédie du Kasaï.
La République démocratique du Congo étale au grand jour l’une de ses pages sombres dans les provinces du Kasaï depuis maintenant neuf mois. L’activisme du mouvement insurrectionnel Kamuina Nsapu est à la base d’une tragédie humaine qui ne peut laisser indifférent, n’importe quel Etat épris de justice. Des exactions commises dans cette partie du territoire national appellent aujourd’hui à ce que la justice soit rendue à toutes les victimes congolaises ou étrangères. Des milliers de vies humaines ont été fauchées par une terreur inouïe. La cruauté des massacres commis dans l’espace Kasaï a été telle que deux experts, à savoir Michael Sharp et Zaïda Catalan, ont été missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur l’existence de 43 fosses communes, où sont enterrées les victimes. Les deux experts ont été enlevés le 12 mars dernier, au cours de leurs investigations, dans le territoire de Tshimbulu dans la province du Kasaï Central. Leurs corps seront découverts 16 jours après dans une fosse commune.
Dans cette affaire, l’Auditorat militaire général des Forces armées de la RDC a annoncé, le samedi 20 mai, la fin de l’instruction. Des audiences publiques commencent incessamment à Kananga dans la province du Kasaï Central. Les premiers éléments d’enquêtes de la justice militaire allèguent que ces deux experts onusiens ont été tués par des miliciens Kamuina Nsapu. Sur les 16 suspects incriminés, deux seulement sont aux arrêts.
Le coup de pouce de New York Times
Le rebondissement dans cette affaire est venu avec les révélations, le samedi 20 mai, du quotidien New York Times sur l’existence d’un élément sonore alléguant l’implication présumée du député national Clément Kanku qui serait en contact avec les auteurs d’actes criminels dans le Kasaï. Ces révélations ont poussé le Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, à  annoncer, le mardi 23 mai, l’ouverture d’une enquête sur la présumée implication de Clément Kanku.
Face au rebondissement dans ce dossier, à New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué le même mardi 23 mai une réunion d’urgence à huis clos sur le dossier du  meurtre de ses deux experts en RDC. Au cours de cette réunion, le Conseil de sécurité a regretté la « rapidité » avec laquelle la justice militaire congolaise a mené cette enquête. « Cela semble avoir été mené avec pas mal de rapidité », a commenté le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, rapporte l’AFP.
En clair, l’ONU doute de la crédibilité de premiers éléments d’enquête dont dispose, notamment la justice militaire congolaise. Réputée pour sa lenteur, la justice congolaise ne pouvait que susciter le doute. Dès lors, New York entend continuer ses propres enquêtes et annonce, en même temps, la présentation, d’ici à fin juillet 2017, d’un premier rapport. L’ONU déplore aussi l’absence de coopération de la justice militaire congolaise. En effet, Kinshasa n'a pas encore communiqué ses conclusions à l'ONU dans le cadre du meurtre de deux experts onusiens, à en croire le porte-parole de l’ONU.
Nécessité d’une coopération dans l’enquête
Outre l’absence d’avancées probantes dans l’enquête menée par la justice militaire congolaise, le manque de coopération de cette dernière a poussé la Suède et les Etats-Unis à enquêter aussi chacun de leur côté. « Nous allons demander à l'ONU de mettre des options sur la table », a indiqué un diplomate suédois, Carl Skau. «Il faut faire davantage pour garantir que c'est mené d'une manière adéquate», estime le diplomate suédois, pas satisfait d’avancées dans l’enquête sur l’assassinat de sa compatriote.
De son côté, la France a demandé au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, de diligenter une enquête spéciale dans cette affaire. Une telle mesure irait « au-delà des démarches déjà entreprises »,pense l'ambassadeur français François Delattre. De son point de vue, « Il reste encore de trop nombreuses zones d'ombre autour du meurtre de deux experts, Michael Sharp et Zaida Catalan ». Le diplomate français à l’ONU estime aussi que la clôture de l'enquête par les autorités congolaises « paraît prématurée au vu des éléments qui sont ressortis ces derniers jours ». Pour lui, « l'important est de faire toute la lumière sur cet événement et que les responsables de ces crimes soient traduits en justice et condamnés ». Et d’ajouter :« la France est d'ailleurs favorable à ce que l'ONU mette en place un mécanisme d'enquête spécial d'établissement des faits».
Le dénominateur commun de toutes ces enquêtes est que la vérité doit être révélée au grand jour. Avec ou sans la collaboration de Kinshasa, les Nations Unies, les Etats Unis et la Suède entendent connaitre la vérité des faits dans l’assassinat de Michael Sharp et Zaida Catalan. Le FBI américain et la police suédoise n’attendent que des autorisations administratives pour se déployer sur le terrain en RDC. La République démocratique du Congo ouvre son espace à une profusion d’enquêtes sur ce dossier. Tout reste à savoir si Kinshasa va finalement, accepter de coopérer avec la commission d’enquête des Nations unies, déjà à pied d’œuvre depuis le 4 mai. Une coopération dans ce dossier aura l’avantage de dédouaner les autorités congolaises mais aussi favoriser rapidement la manifestation de la vérité.
Le  meurtre de deux onusiens n’est pas à dissocier de tous les massacres qu’il y a eu dans l’espace Kasaï depuis août 2016. Autant la vérité doit éclater dans l’assassinat de ces experts fauchés sur le champ de bataille, autant il faut apporter toute la lumière sur les milliers de victimes tuées dans le Kasaï à la suite du mouvement insurrectionnel kamuina Nsapu. Le décompte macabre fait état de 43 fosses communes découvertes, de plusieurs morts que seule une enquête sérieuse peut révéler le nombre exact, non sans compter les 1,3 million de déplacés internes et plus de 30 000 réfugiés recensés déjà en Angola. Selon la Monusco, dans les provinces du Kasaï et Kasaï Central, la situation sécuritaire reste« tendue et imprévisible », du fait toujours de l’activisme des miliciens Kamuina Nsapu.
Tshibala dépose un budget en hausse de 68,8% en pleine crise économique
Politico.cd, 26  mai 2017
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Le Premier ministre Bruno Tshibala vient de déposer le projet de loi des finances exercice 2017 à l’Assemblée nationale. A l’absence du président de la chambre basse du parlement, ce projet de budget a été réceptionné par le Premier vice-président de l’Assemblée nationale. « Nous sommes un gouvernement des missions. Le projet de budget que je viens de déposer prend essentiellement en compte les préoccupations essentielles qui résument les missions principales assignées à notre gouvernement « a rassuré Bruno Tshibala. Pour lui, il n’a fait que respecter « l’engagement » qu’il avait pris lors de son discours d’investiture. En effet, il avait promis « de déposer dans le meilleur délai le projet de loi des finances pour l’exercice 2017« . « Je viens d’accomplir ce devoir en déposant effectivement ce jour le projet de budget de l’État pour l’exercice 2017« , s’est-il réjoui. Le chef de l’exécutif national n’a officiellement communiqué aucun chiffre. Néanmoins, des informations parvenues à POLTICO.CD laissent entrevoir une hausse de plus de 68,8% par rapport au budget de l’année dernière.
Cependant, la République démocratique du Congo est plongée dans une crise économique depuis l’exercice budgétaire de 2015, qui a vu le pays perdre près de la moitié de sa prévision. Selon la Banque mondiale, la RDC est en pleine crise économique qui risque d’être durable. Dans un rapport présenté le 31 janvier dernier, cette institution de Bretton Woods cite la révision du taux de croissance du pays,  qui est passé entre 2015 et 2016 de 7% à 2,5% en moyenne, comme principal facteur de cette crise. C’est dans ce cadre que le Premier ministre Bruno Tshibala table sur une hausse spectaculaire pour l’exercice en cours. Une situation qui prend même la l’ECOFIN (Ndlr: la commission économique et financière de l’Assemblée nationale) à contre-pied, qui s’attendait à un budget similaire à celui d’environ 4 milliards déposé fin 2016 par le gouvernement de l’ancien Premier ministre Augustin Matata.

RDC : les naufragés de la RN1, témoins d’un pays paralysé
(Le Monde, 26/05/17)
Le village de Kwilu-Ngongo est le théâtre d’un gigantesque embouteillage depuis l’effondrement de la route nationale 1, vitale pour l’économie congolaise. A Kwilu-Ngongo, dans l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), les événements et les voyageurs sont rares. Les habitants n’ont rien à montrer ni à vendre, leurs voitures sont des ruines où ils étendent du linge ; quelques-uns possèdent des chaises en plastique devant leur maison en terre.
Il a fallu que la route nationale 1 (RN1) soit bloquée dans les deux sens pour que ce village juché sur une colline voie un peu de monde. Depuis plusieurs jours, Kwilu-Ngongo est un parking géant où s’échouent voitures, minibus et autocars. Les camions porte-conteneurs, trop gros, stationnent plus loin. Un chauffeur a abandonné sa cargaison de poisson, qui commence à sentir ; d’autres, craignant les amendes, ont dévissé leur plaque d’immatriculation. Devant leur maison, des paysannes bloquent le passage avec des branches et rançonnent les naufragés de la route congolaise.
« Le commerce ne survivra pas »
Ce gigantesque embouteillage de brousse est né d’une fissure, le 18 mai, à travers la seule route asphaltée qui traverse la province du Kongo-Central, à l’ouest de Kinshasa. La nationale à deux voies est vitale pour le pays tout entier : elle va de la frontière angolaise aux ports fluviaux de Boma et Matadi, puis jusqu’à la capitale. D’un côté le Congo où on achète les produits maraîchers et manufacturés à bas prix ; de l’autre celui où on les revend le double. « Si la circulation est interrompue, le commerce ne survivra pas. Alors mieux vaut tenter de passer », dit un major de l’armée de passage à Kwilu-Ngongo.
Rénovée il y a quelques années, la RN1 avait pourtant meilleure réputation que les autres routes de RDC, rares, vétustes et non reliées entre elles. C’était oublier l’effet des pluies, de l’érosion, de la surcharge du trafic et du mauvais entretien. « La faute aux Chinois », répètent les naufragés : au Kongo-Central, leurs entreprises ont obtenu les nombreux marchés de construction et de réfection. « Ils font des routes, mais qui tiennent jusqu’à quand ? »demande un homme qui retourne à son village. Une jeune fille s’énerve contre un passager européen – qu’elle prend pour un Asiatique : « Vous les Chinois, qu’est-ce que vous faites au Congo ? Pourquoi vous nous faites souffrir ? ». Près du trou, une file interminable de véhicules est plantée au soleil. Des grands-mères et des enfants épuisés patientent depuis trois jours, avec la chaleur à midi et les moustiques au crépuscule. Des femmes du coin vendent des patates douces, les enfants des bouteilles d’eau tiède. Selon la rumeur, des féticheurs auraient organisé l’embouteillage pour que Kwilu-Ngongo fasse des affaires.

cic

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