L'UE remet le Prix Sakharov 2014 au Dr Denis Mukwege. L'Europe récompense Denis Mukwege et son combat contre les violences sexuelles

 

Afrique

© AFP | Le gynécologue Denis Mukwege lors de la remise d'un prix à Washginton, le 25 février 2014.

Le prix Sakharov "pour la liberté de l'esprit" du Parlement européen a été attribué, mardi 21 octobre, au gynécologue congolais Denis Mukwege pour son engagement auprès des femmes victimes de viols et de violences sexuelles en RD Congo.

Le "docteur miracle" a reçu le prix Sakharov. Le Parlement européen a choisi, mardi 21 octobre, à l’unanimité, de remettre son prix "pour la liberté de l’esprit" au gynécologue congolais Denis Mukwege pour son travail auprès des femmes victimes de viols et de violences sexuelles dans le contexte des conflits armés.

 

Depuis quinze ans, le docteur Mukwege s’emploie inlassablement à réparer les corps. Avec ses équipes de l’hôpital de Bukavu, dans le Sud-Kivu, il a déjà soigné plus de 40 000 femmes, violées et mutilées. Un travail à la mesure de l’horreur à laquelle il est confronté : l’ONU estime que plus de 200 000 femmes ont été violées, par des militaires, des miliciens ou des civils, ces quinze dernières années en République démocratique du Congo (RDC).

Un engagement qui a failli lui coûter la vie

À 59 ans, Denis Mukwege, aujourd’hui directeur et chirurgien en chef de l’hôpital de Bukavu, a soigné des femmes jeunes ou âgées, ainsi que des enfants.  Son engagement a bien failli lui coûter la vie. Le 25 octobre 2012, il a échappé à une tentative d’assassinat à son domicile. Mais cela n’a pas suffi à le faire renoncer. Après trois mois d’exil en Suède puis Belgique, il est rentré à Bukavu, auprès des patientes qui l’attendaient, comme il l’a toujours fait.

>> À voir sur France 24  : Denis Mukwege, le docteur qui "répare" les femmes mutilées

Né en mars 1955 dans cette ville située sur les rives du lac Kivu, Denis Mukwege est le troisième fils d'une famille pentecôtiste de neuf enfants. Après des études de médecine au Burundi, il revient dans sa ville natale pour exercer à l'hôpital de Lemera. Il y découvre les douleurs de femmes qui, faute de soins appropriés, souffrent régulièrement de graves lésions génitales après un accouchement.

À la faveur d'une bourse, il part étudier en France pour se spécialiser en gynécologie-obstétrique et retourne à Bukavu en 1989. Lorsque la guerre éclate, en 1996, dans l'est du pays, l'hôpital est totalement dévasté. Il décide alors de fonder un autre établissement dans le quartier Panzi, dans le sud de Bukavu, pour soigner les femmes victimes de la barbarie.

Le viol comme arme de guerre

Dans cette région de l’est de la RDC, très riche en ressources minières, les bandes armées - miliciens ou soldats réguliers - violent en toute impunité. Ils laissent, dans la chair et le ventre des femmes suppliciées, la signature de leur torture. À coup de machettes, de pieux ou d’armes à feu, le viol est une arme de guerre.

"Ma première malade en 1999 avait été violée, puis on lui avait introduit une arme dans l'appareil génital et fait feu, elle avait tout le bassin détruit. Je pensais que c'était l'œuvre d'un fou mais la même année, j'ai soigné 45 cas semblables", se souvient-il.

Régulièrement recompensé en Europe et aux États-Unis, Denis Mukwege a saisi toutes les tribunes qui lui ont été offertes – ONU, Parlement européen, diverses universités – pour dénoncer le viol qui, "utilisé comme une arme de guerre, (...) détruit le tissu social, entraîne une perte d'identité collective, détruit toutes les croyances". Depuis le début de l'année, il a lancé un mouvement féministe masculin, V-Men Congo, et appelé à une "mobilisation générale" contre un nouveau fléau : les viols d'enfants et de bébés.

 

WEBDOCUMENTAIRE FRANCE 24
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Avec AFP

Première publication : 21/10/2014

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/10/2014

Source France 24

Le Dr Mukwege reçoit le Prix Sakharov

G.My et Belga
Mis en ligne mardi 21 octobre 2014, 20h24

Il s’était déjà vu décerner le Prix Solidarité le 16 octobre dernier.

 © Dominique Duchesnes (Le Soir)

© Dominique Duchesne (Le Soir)

L’action du docteur Mukwege, ce médecin congolais qui, au Sud-Kivu, répare les femmes qui ont été déchirées par les viols brutaux qui leur sont imposés, est une nouvelle fois récompensé.

Après avoir reçu le 16 octobre dernier le Prix Solidarité de la part de l’hôpital St Pierre, associé à l’ONG Médecins du Monde, Denis Mukwege s’est vu décerner ce mardi le Prix Sakharov. Remis par le Parlement européen depuis 1988, il récompense des personnalités exceptionnelles qui luttent contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression.

«Ce prix est un signal pour dire à ces femmes qu’elle ne sont pas abandonnées»

«Je suis très reconnaissant aux représentants des pays européens pour avoir mis les projecteurs sur la tragédie humaine de l’Est du Congo», a réagi mardi le Dr. Denis Mukwege. «Ce prix n’aura de signification que si vous nous accompagnez sur le chemin de la paix.»

«A ce moment, nos pensées vont directement aux victimes et aux survivantes de la violence sexuelle partout dans le monde, et spécialement celles de la République Démocratique du Congo (RDC). Le prix Sakharov est un signal fort pour dire à ces femmes qu’elles ne sont pas abandonnées à leur propre sort et que le monde les écoute. Ce prix est enfin un message d’encouragement et d’espoir pour tous ceux qui luttent pour la promotion des droits de l’homme, pour la paix et la démocratie en RDC et à travers le monde.»

Le gynécologue a enfin appelé l’Europe à oeuvrer en faveur de la paix en RDC. «Si ce prix peut catalyser l’avènement d’une paix durable à l’est de la RDC et contribuer à mettre fin à la tragédie des femmes Congolaises et des femmes en situation de conflit armé en général, nous serons ravis. Mais la situation sécuritaire ne fait que se dégrader dans les Provinces de l’est. Il y a urgence à agir! Ce prix n’aura de signification que si vous nous accompagnez sur le chemin de la paix, la justice et la démocratie

Le Dr Mukwege a été préféré aux deux autres finalistes, le mouvement ukrainien EuroMaidan et l’activiste des droits humain azerbaïdjanaise Leyla Yunus.

L’an dernier, c’est la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai qui avait été décorée de cette distinction. Elle a reçu la semaine dernière le prix Nobel de la Paix.

Source : Le Soir


Le Dr Mukwege prix Sakharov
Le Parlement européen récompense le gynécologue congolais

Le Parlement européen récompense le gynécologue congolais
Le docteur Denis Mukwege. © DR
Le 21 octobre 2014 | Mise à jour le 21 octobre 2014

Le Parlement européen a récompensé le travail admirable du médecin gynécologue Denis Mukwege, qui soigne et redonne de la dignité aux victimes de viols de guerre en République démocratique du Congo depuis les années 1990.

Deux décennies de combat récompensées. Le docteur Denis Mukwege, connu dans le monde entier pour «réparer les femmes» violées de République démocratique du Congo (RDC) dans son hôpital de Panzi, a été récompensé du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, le prix, décerné par le Parlement européen, le plus prestigieux après le prix Nobel de la Paix. Une distinction plus que méritée, pour ce gynécologue de 59 ans qui a soigné plus de 50.000 femmes victimes de violences sexuelles, et donne de la voix dès qu’il le peut pour dénoncer ces attaques qui se perpétuent depuis les années 1990 –et le processus de démocratisation de l’ex-Zaïre.

En effet, dans ce pays de 67,5 millions d’habitants –comme dans d’autres pays-, le viol de guerre est utilisé pour dominer, détruire la femme, et donc une population, et ainsi asseoir sa puissance et dominer un territoire (et ses richesses…) «C’est une arme absolue. Il n’y a pas pire guerre que ça !», nous avait-il confié plus tôt ce mois-ci, rappelant que cette pratique abominable avait déjà été utilisée «au Rwanda pendant l’épuration ethnique», et soulignant qu’elle l’était aujourd’hui «au Nigeria par Boko Haram», ou encore «en Syrie par l’Etat islamique». Selon lui, «laisser cette forme de barbarie prendre de la place est extrêmement dangereux. C’est une menace pour l’humanité car s’attaquer à l’organe génital de la femme, c’est détruire la porte d’entrée dans l’humanité», mettait-il en garde.

Un combat venu à lui

Il a créé son célèbre hôpital et sa fondation en 1999, alors que le Congo était en pleine guerre. A l’origine, il voulait fonder une «simple maternité ayant la capacité de faire des césariennes». Mais la première patiente qu’il a eue n’est pas venue pour une césarienne. Elle est venue après avoir été violée, et qu’on lui a tiré sur l’appareil génital. «Elle était dans un très mauvais état», se souvenait-il avec émotion. C’est ainsi qu’est né le combat de sa vie, et qu’il allait devenir le «médecin qui répare les femmes».

Depuis, il s’est lié d’amitié avec le Pr Guy-Bernard Cadière, chef du service de chirurgie digestive de l’hôpital Saint-Pierre –qui lui a remis la semaine dernière le Prix Solidarité. Le Belge le rejoint une semaine par trimestre avec un équipe de Saint-Pierre au Sud-Kivu pour l’aider dans son travail, et échanger leur savoir-faire. Ensemble, ils ont écrit un livre bouleversant, «Panzi», aux Editions du moment. Ames sensibles s’abstenir. Car les dommages qu’ils opèrent sont colossaux. Les viols sont d’une telle barbarie qu’ils provoquent notamment des fistules génitales (ouvertures entre le vagin et la vessie, ou le rectum). Y compris chez de très jeunes enfants… Et ce lors d’agressions commises «en public, devant l’époux, les enfants qui assistent à cette déshumanisation», nous racontait le Dr Mukwege.

 

 

Denis Mukwege a reçu cette récompense au détriment des deux autres finalistes, le mouvement ukrainien pro-européen EuroMaidan, et la militante azerbaïdjanaise en faveur des droits de l'homme et des droits des minorités ethniques dans son pays Leyla Yunus. Le Congolais succède ainsi à Malala Yousafzai, qui a remporté le prix Nobel de la Paix cette année, pour son combat pour l’éducation des filles au Pakistan. Il sera invité à Strasbourg le 26 novembre pour recevoir son prix lors de la session plénière. L'occasion de prononcer un discours qui servira, se réjouissait-il lorsqu'il envisageait la possibilité d'être le lauréat, de dénoncer ces crimes odieux «qu’aucun animal ne peut commettre»

Lire l'article de notre rencontre avec le Dr Mukwege.

Source : Paris Match

 

 

 

 

 

Docteur Mukwege Prix Sakharov 2014 : NE TOUCHEZ PAS A NOTRE CONSTITUTION !

Lauréat du Prix de la Solidarité à Bruxelles : Constitution, Dr. Mukwege donne le ton ! 
Le 24/10/2014

Le Docteur Denis Mukwege a reçu le Prix de la Solidarité, le jeudi 16 octobre dernier, à l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Cette distinction est l’œuvre de l’Hôpital St Pierre et de l’ONG Médecins du Monde. Denis Mukwege est connu pour ses interventions chirurgicales en faveur des femmes violées au Sud-Kivu. On parle d’environ 500 mille femmes victimes de viol. Mukwege, qui connait les causes de la guerre et leurs conséquences, est très opposé à la révision de la Constitution. Parce qu’il estime que l’alternance au pouvoir permet d’éviter des guerres. « Ne touchez pas à notre constitution. Toute tentative de modification de notre contrat social risque d’entrainer de nouveaux cycles de violences », a-t-il soutenu. Pour lui, le peuple congolais aspire au changement et à l’alternance démocratique au cœur de l’Afrique.

Lisez, dans les lignes qui suivent, l’intégralité du brillant discours prononcé par le Docteur Denis Mukwege, à l’occasion de la remise du Prix de la Solidarité, le 16 octobre 2014 à Bruxelles.

Monsieur le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles,

Distingués invités,

Chers confrères, chères consœurs,

Mesdames, Mesdemoiselles,

Messieurs,

Chers amis du Congo,

Merci de m’accueillir dans cette superbe salle gothique de l’hôtel de Ville. Nous sommes profondément touchés par la solidarité de l’Hôpital St Pierre, de Médecins du Monde et de la Ville de Bruxelles.

Je voudrais au nom des femmes victimes de violences sexuelles à l’Est du Congo vous remercier du fond du cœur d’être présents. A mon retour à Bukavu, je pourrai apporter à mes patientes à Panzi, la réponse à la question soulevée sur le magnifique dessin de Pierre Kroll : on pense à nous loin d’ici !

Mesdames, Messieurs,

Dans ce monde de plus en plus brutal, rude, violent et dont les ‘’unes’’ de nos journaux oscillent entre guerres, crise économique et terrorisme, avec leur lot d’images horribles qui témoignent de la cruauté de l’homme (je pense ici aux otages qui sont égorgés et dont les images sont postées sur Internet), le Prix de la Solidarité que vous nous accordez envoie un double message.

Par ce prix, vous dites au monde que tant qu’il y aura de la barbarie humaine quelque part, il y aura aussi des hommes de bonne volonté qui s’élèveront pour la combattre. Même si les hommes tardent à s’élever, ils finiront par le faire car la survie de l’homme passe par la solidarité avec son semblable qui souffre.

Autrement dit : l’homme sera solidaire ou il disparaîtra.

Par ce prix, vous créez un espace où les hommes de bonne volonté peuvent se resserrer les coudes et se transmettre une sorte de fluide de courage et d’espérance d’un monde meilleur.

Je suis très touché par l’amitié du professeur Guy-Bernard Cadière, mon parrain pour cet évènement qui, depuis des années, nous appuie avec son équipe du CHU-Centre Hospitalier Universitaire St Pierre-de-Bruxelles dans notre travail à l’Hôpital de Panzi.

Cher Guibert,

Tu es devenu un spécialiste reconnu mondialement en la paroscopie et tu sillonnes le monde pour transférer tes connaissances et les technologiques que tu développes dans les pays les moins avancés. Tu es un véritable médecin du monde et je te remercie beaucoup pour ta solidarité et ton dévouement à la cause humaine !

Chers confrères de Médecins du Monde,

Vous avez compris que la noblesse de notre chère profession ne consiste pas dans l’accumulation de biens matériels, mais plutôt dans l’abnégation, le don de soi, bref dans la solidarité. C’est pour cette raison que vous parcourez terres et mers pour aller au secours de l’humanité qui souffre.

Nous vous remercions chaleureusement pour votre soutien et nous dédions ce prix à tous les médecins qui travaillent souvent dans des conditions difficiles pour honorer le serment d’Hippocrate.

Nous dédions aussi ce prix à tous les défenseurs des droits de l’homme qui luttent contre l’impunité et se joignent à notre combat contre les violences sexuelles.

Nous les dédions enfin à tous mes compatriotes congolais auxquels j’en appelle à plus de solidarité pour vaincre cette barbarie ignoble de viol qui sévit chez nous depuis deux décennies dans un contexte de conflits armés.

Mesdames, Messieurs,

Nous appelons de tous nos vœux à la consolidation de la paix en RDC, condition sine qua non pour prévenir la récurrence de la violence faites aux femmes.  Nous avons placé beaucoup  d’espoir lors de l’adoption en 2013 de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la région, engageant onze Etats et quatre organisations intergouvernementales.

Il s’agit du Premier accord de paix qui vise à s’attaquer aux causes de la violence en RDC, mais la mise en œuvre des engagements souscrits par les pays des Grands Lacs tarde et, aujourd’hui, les congolais ont plus que jamais soif de justice et de paix, mais ils continuent de vivre dans la peur à l’Est du Congo.

Nous profitons de cette tribune pour relayer le message clé de la société civile aux autorités congolaises : ‘‘ne touchez pas à notre constitution’’. ‘‘Toute tentative de modification de notre  contrat social risque d’entrainer de nouveaux cycles de violences’’. Le peuple aspire au changement tant attendu pour enfin entamer une réelle alternance démocratique au cœur de l’Afrique.

Par solidarité avec mes compatriotes, permettez-moi de faire un appel solennel aux mandataires politiques de la RDC.

A l’heure où l’on parle tant d’une éventuelle modification de la constitution congolaise, j’en appelle à votre conscience patriotique, j’en appelle à votre amour de notre chère patrie, tant meurtrie par des guerres successives depuis plus de 20 ans. Un nouveau changement constitutionnel avant les élections risque de mettre en péril la cohésion nationale. Après plus de 5 millions de morts et cinq cents mille femmes violées, ne prenez pas les risques historiques de rallonger cette liste macabre.

Le monde nous regarde, le temps est venu pour privilégier l’intérêt général à des intérêts privés bassement matériels : le sang de nos martyrs est encore frais, il parle, il crie, il nous appelle à la responsabilité collective. Il n’est plus acceptable qu’un petit groupe accumule richesse et biens alors que la majorité de la population patauge dans la misère, la boue et le sang. Nous sommes devenus la risée du monde, il est temps de montrer au monde ce que nous avons hérité de nos ancêtres, à savoir une âme de dignité, de solidarité, et d’hospitalité.

Mesdames, Messieurs,

Le statu quo n’est pas une option. Il n’y a pas de fatalité. Les solutions existent.  Chacun de nous peut contribuer à l’édification d’un monde meilleur.

Ensemble, nous devons établir une ligne rouge contre l’utilisation du viol comme stratégie de guerre, au Congo et dans le reste du monde.

Ensemble, responsables politiques et  religieux et acteurs de la société civile, hommes et femmes, nous pouvons mettre fin à la violence au cœur de l’Afrique.

Je vous remercie.

Docteur Denis Mukwege

Source : la Prospérité online

 

 

cic

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