Le Dr Mukwege aux tenants de la révision constitutionnelle : “Vous êtes une menace pour la République”. Revu de presse

 

Le Dr Mukwege aux tenants de la révision constitutionnelle : “Vous êtes une menace pour la République”.
http://7sur7.cd/new/wp-content/uploads/2014/10/Dr-Denis-Mukwege.jpg
27 octobre 2014
http://7sur7.cd/images/phare.jpg2.jpg
L’homme est une célébrité nationale. Gynécologue de talent, il répare depuis une quinzaine d’années les femmes violées dans son hôpital de Panzi, au Kivu. Dr Mukwege, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était la semaine dernière à l’Hôtel de Ville de Bruxelles où il a reçu le Prix de la Solidarité avant le déplacement  en  novembre  à  Strasbourg  où  le  Parlement  européen  lui  remettra  le  Prix  Sakharov.
Témoin privilégié des  drames multiples que le peuple congolais vit au quotidien, Denis  Mukwege a choisi la tribune de Bruxelles pour tirer une véritable sonnette d’alarme. Celle-ci concerne les menaces qui  risquent  de  plomber  l’avenir  de  la  nation  et  qui  semblent  banalisées  par  ceux  qui  profitent  du système politique en place dans le pays.
Le discours a le mérite de la clarté car le célèbre médecin appelle chaque chat par son véritable nom. Habitué à vivre au cœur de la misère populaire, à côtoyer quotidiennement les plaies les plus immondes de  lhumanité,  Denis  Mukwege  regarde  les  responsables  politiques  congolais  dans  les  yeux  et  leur rappelle la réalité que vit le Congo profond, une réalité quils refusent parfois de voir alors quelle est très éloignée de la vie que mènent les privilégiés du régime.
Pour que son discours soit bien compris, il prend lexemple des médecins, ces hommes dévoués qui travaillent dans des mouroirs chez nous, pour dire à lintention de tous ceux qui négligent  le bien-être collectif que  la noblesse dun métier « ne consiste pas dans laccumulation de biens matériels, mais plutôt dans labnégation, le don de soi, bref dans la solidarité ».
Le mot est lâché : SOLIDARITE.
Celle-ci  est  avant  tout  exigence,  parce  quelle  requiert  quelques  qualités  essentielles,  notamment lamour du prochain et lamour de sa patrie. Sur ces deux points, Denis Mukwege a manifestement des doutes, dautant plus quil vit dans un pays où la population a peur, particulièrement à lEst. Pour évacuer ces doutes, il simagine dans un bloc opératoire avec, sur la table dopération, le corps dun grand malade :  la  République Démocratique du Congo, son propre pays.  Avec la précision du spécialiste,  il  détecte  les  maux  qui  rongent  le  malade  :  la  protection  des  intérêts  privés  bassement matériels  au  détriment  de  lintérêt  collectif,  labsence  desprit  de  responsabilité,  la  privatisation  des richesses nationales par une poignée de privilégiés etc.
A la suite dune telle litanie de maux, il ny a plus quune chose à faire  et Denis Mukwege le fait en invitant  les  dirigeants  du  pays  à  sasseoir  confortablement  dans  un  fauteuil  pour  visionner  avec attention les images volées dun cinéaste amateur et qui montrent le défilé des dizaines de millions de Congolais « qui pataugent dans la misère, la boue et le sang ». Des images confirmées par des cinéastes professionnels  dont  les  films  sur  les  mêmes  sujets  ont  déjà  fait  le  tour  du  monde.  Lobjectif, aujourdhui, est de désenvoûter ceux qui regardent sans voir, de les exorciser pour quils redeviennent des  humains  à  part  entière  et  participent  à  lœuvre  de  réhabilitation  de  lhomme  congolais,  de  son environnement et du pays que Dieu lui a donné.
Lhomme qui a sonné lalerte à Bruxelles vit dans le Congo profond, là où on blesse, on tue et on viole chaque  jour.  La  réalité  quil  expose  interpelle  tout  esprit  lucide.  Refuser  de  la  voir  pousserait  tout observateur neutre à sinterroger sur les liens qui unissent chacun de nous à la nation congolaise. Parce que tout Congolais digne de ce nom a un cœur et une âme. Il est sensible à la misère collective que les
dirigeants ont mission de combattre et de réparer.
Cinquante-quatre ans après lindépendance, le Congolais vit dans une contradiction historique. Lui qui devait « redresser son front longtemps courbé », se trouve obligé de raser les murs. Conscient de la
situation, le Dr Mukwege évoque sa honte, une grande honte :  « Nous sommes devenus la risée du monde ». Mais sans se laisser aller au découragement, il exhorte les Congolais « à montrer au monde ce que nous avons hérité de nos ancêtres, à savoir une âme de dignité, de solidarité, et dhospitalité ».

Le constat est terrible. Il est en même temps inquiétant et interpellateur. Car par des mots bien choisis, le  médecin  a  décidé  de  toucher  toutes  les  âmes  congolaises  dans  la  perspective  dun  putsch constitutionnel dont il évalue déjà les dégâts pour la République. Ici, il décide de ne point porter des gants car il faut parer au plus pressé. « Vous menacez la cohésion nationale », dit-il aux révisionnistes, ces privilégiés du système qui passent leur temps à sinstaller et installer.
Face  à  un  tableau  qui  peut  pousser  au  désespoir,  Denis  Mukwege  se  rappelle  que  les  hommes,  y compris les plus mauvais, peuvent renaître. Il tente alors de croire que les révisionnistes ont encore une conscience patriotique et de lamour pour leur patrie, « tant meurtrie par des guerres successives depuis plus de vingt ans ». Sur cette base, il leur avoue ses craintes : « un nouveau changement constitutionnel avant les élections risque de mettre en péril la cohésion nationale. Après plus de 5 millions de morts et cinq cents mille femmes violées, ne prenez pas les risques historiques de rallonger cette liste macabre ». Le message est donné, mais sera-t-il entendu.
Vidéo

Dénonçant l’absentéisme du Gouverneur du Sud-Kivu, des députés saisissent Minaku du « cas Cishambo »
http://7sur7.cd/images/Forum.jpg
27 octobre 2014
Les élus du peuple accusent ainsi le numéro 1 de leur province d’avoir dépensé 50.000 Usd pour chacune de ses 250 missions effectuées sans réel bénéfice pour la province.
Sale temps pour le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo. Car, il fait actuellement face à la lettre des députés nationaux, adressée au président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, à travers laquelle ils « dénoncent son terrorisme et son absentéisme ». Ces élus du peuple originaires du Sud-Kivu ne semblent pas du tout être en odeur de sainteté avec le gouverneur qu’ils qualifient de « champion des absences répétitives et prolongées ». Ce qui, poursuivent-ils, placerait la province en situation d’ingouvernabilité. Raison pour laquelle, ils informent le speaker de la chambre basse du Parlement sur « le déficit de gouvernance et expriment leur indignation et désapprobation des actes récurrents et attentatoires à notre honneur de la part du gouverneur en la personne de Marcellin Cishambo ».
A en croire nos sources, l’objet de la lettre envoyée le 15 octobre 2014 à Aubin Minaku, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, porterait « indignation face au comportement du gouverneur du Sud-Kivu ». Le Caucus des élus nationaux de cette partie de la RDC informe le président de l’Assemblée nationale « sur le déficit de gouvernance de la province » exprime son « indignation et désapprobation des actes récurrents et attentatoires à notre honneur de la part du Gouverneur en la personne de M. Marcellin Cishambo Ruhoya ».  De plus, ajoute-t-on, les députés du Sud-Kivu soutiennent que depuis son élection, le gouverneur n’applique en rien le programme qui lui a valu son fauteuil et qu’il avait basé sur l’amélioration des conditions sécuritaires des territoires et des villes. Pour ces députés, le gouverneur Marcellin Cishambo passe pour « le champion des absences répétitives et prolongées ». Ce qui aurait pour conséquence de placer la province en « situation d’ingouvernabilité » et de rendre « le gouvernement provincial inactif, orphelin et figurant face à un bureau de l’assemblée provinciale inféodé ».
50.000 DOLLARS POUR CHACUNE DES 250 MISSIONS DU GOUVERNEUR
Les députés du Sud-Kivu déclarent, dans la même lettre, qu’ils « ne veulent pas être complices des 250 missions que le Gouverneur a déjà effectuées et qui coûtent au minimum 50 000 dollars chacune ». Et cela, sans réel bénéfice pour la province. Ils profitent ensuite de l’occasion pour dénoncer et condamner les propos désobligeants, intimidations et menaces de la part du Gouverneur.
A titre d’exemple, ils se souviennent de la date du 18 juin, date à laquelle ils ont été reçus au Palais du peuple pour échanger sur le dossier des massacres de Mutarule, en territoire d’Uvira. A l’issue de cette séance, le gouverneur aurait déclaré qu’il allait « commencer par arrêter certains députés provinciaux » et qu’il « en enverrait à La Haye… ». Contraint, par la suite, de présenter ses excuses, il n’en aurait pas moins récidivé récemment en s’en prenant violemment, par téléphone, au député Joseph Ndumbi, « le qualifiant de menteur en lui promettant de lui régler son compte ». Il reprocherait à cet élu du peuple d’être intervenu à la tribune de l’Assemblée pour dénoncer l’insécurité qui régnerait dans certains villages de Kabare.
Comme pour conclure, les auteurs de la lettre auraient indiqué que cette attitude est « révélatrice du comportement qu’endurent les députés provinciaux, les membres du gouvernement provincial et ceux des cabinets qui perçoivent leurs droits et avantages avec grand retard, mais assistent impuissants à la confiscation de leurs attributions ». On demande ainsi au président de la Chambre basse d’intercéder auprès du président de la République pour prendre des mesures à la hauteur des faits dénoncés. M. M.
ADF-Nalu: les accusations de Mbusa Nyamwisi font réagir à Kinshasa

27 octobre 2014
http://7sur7.cd/new/wp-content/uploads/2014/09/rfi.jpg
Les réactions aux affirmations de Mbusa Nyamwisi sur RFI, samedi, concernant la situation à Beni, se multiplient en RDC. L’ancien ministre et président du RCD/KML, en exil, a accusé des responsables des FARDC, les forces armées congolaises, sur place à Beni, d’entretenir l’insécurité en se faisant les complices des rebelles ADF-Nalu. Plusieurs Kinois exigent une enquête indépendante.
Quelques membres de la délégation parlementaire dépêchés à Beni ont affirmé que les témoignages recueillis sur place corroborent quelques peu les affirmations de Mbusa Nyamwisi, et pour de nombreuses personnes interrogées à Kinshasa, ce sont des accusations graves qui méritent d’être examinées minutieusement.
L’opposant Vital Kamerhe de l’UNC a affirmé que la question de l’armée est tellement sérieuse qu’au regard de la recrudescence de l’insécurité et des atrocités d’une violence rare à travers les pays, cette question nécessite un débat national.
C’est également l’avis de Lisanga Bonganga du Front populaire : « Quand il y a des suspicions, il faut qu’il y ait des enquêtes. Et pour parler des enquêtes sérieuses, il faut qu’il y ait des enquêtes indépendantes. Je pense que ce n’est qu’après des enquêtes indépendantes, qu’on saura établir les responsabilités. » Une délégation de l’opposition a prévu de se rendre sur les lieux mercredi prochain pour manifester de sa solidarité aux populations meurtries de cette contrée.
Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a tenu lui aussi à réagir aux propos de l’ancien ministre Mbusa Nyamwisi. Il rappelle que les FARDC luttent tous les jours dans la région contre les rebelles ougandais des ADF-Nalu. Mais il explique qu’il est parfois difficile pour les forces armées de les arrêter : « Les actes qui ont été perpétrés ces derniers jours l’ont été dans les périphéries des milieux urbains. Dans les dix minutes qui ont suivi, ils sont immédiatement entrés dans la forêt. Il est difficile de mettre dans chaque maison un policier ou un militaire. » Selon Julien Paluku, les rebelles ont profité des villes les plus éloignées« où ne sont pas déployés les éléments des forces armées pour y perpétuer ce massacre ». Des forces armées « qui sont, à l’heure qu’il est, à leur poursuite. »
RD Congo : Les massacres des populations et un Etat vide
27 octobre 2014
AgoraVox
Une série de massacres ont été perpétrés en territoire de Beni dans le Nord-Kivu. En l’espace de deux semaines, 80 personnes ont été tuées de manière extrêmement barbare, les assaillants s’étant servi de moyens rudimentaires, mais infiniment cruels (machettes, haches, douilles de houe). Les autorités ont rapidement attribué ces tueries aux rebelles ougandais, les ADF. Une version que de nombreuses sources locales ont toutefois mise en doute, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus important. Ce qui inquiète véritablement est que le pays en est à son quatrième massacre d’aussi grande ampleur depuis dix mois seulement, tandis qu’une peur, tout à fait justifiée, traverse les couches populaires. Du coup, des voix s’élèvent pour appeler à la création des groupes d’auto-défense, ce qui plongerait la région dans une situation comparable à celle qui a prévalu il y a de cela deux décennies, avec des dérives qu’on n’a pas fini de déplorer.
Quatre massacres sous la barbe des autorités
Il y a quatre mois un carnage d’ampleur comparable s’était produit à Mutarule, dans le Sud-Kivu. Des assaillants, toujours non identifiés, avaient ouvert le feu sur près de 200 personnes qui étaient réunies à l’extérieur d’une église le soir du 6 juin dernier. Les rescapés qui tentaient de se protéger en s’engouffrant dans l’église et les maisons d’habitation avaient été pourchassés et achevés l’un après l’autre, à l’arme blanche, puis brûlés. Comme à Beni, les assaillants avaient « bénéficié » de l’inaction des casques bleus et des unités des FARDC qui se trouvaient non loin du lieu du drame. Les forces onusiennes et l’armée congolaise avaient été appelées à l’aide, mais n’avaient pas bougé d’un sourcil, comme l’affirme l’ONG américaine Human Rights Watch[1]. Un officier avait même reçu l’ordre de ne pas intervenir pour aider la population qui se faisait massacrer. Bilan : 37 morts[2]. Ils s’ajoutent aux 70 victimes de la série de massacres dans le Masisi en janvier et février dernier.
Comme si le tableau n’était pas assez sombre, il faut rappeler les massacres du 13 et 14 décembre 2013 dans les localités de Mwenda et Musuku, les premiers de la série sur les dix derniers mois. Le patron de la Monusco, Martin Kobler, avait alors martelé : « Ces atrocités ne resteront pas impunies, les auteurs ne connaîtront pas de répit tant qu’ils n’auront pas répondu de leurs actes devant la justice ! »[3]. Depuis, trois massacres de plus grande ampleur se sont produits. Leurs auteurs et leurs complices sont toujours dans la nature, libres comme l’air. Et même s’ils avaient été arrêtés, rien ne permet de croire qu’ils seraient toujours en détention. Au Congo, comme si l’impunité doit être préservée à tout prix, les évasions de prisons sont désespérément monnaie courante. Si bien qu’au moment où les habitants de Beni enterraient les victimes des massacres, 233 détenus, dans la ville voisine de Butembo, se faisaient la belle, sous la barbe des autorités. Une évasion de plus. Ils ont rejoint les milliers de truands qui fourmillent dans tous les recoins du Kivu.
La jungle ! Où est passé l’Etat promis depuis deux décennies ?…
Du coup, à Beni, la population s’organise. Les habitants, quartier par quartier, allument un feu et veillent toute la nuit pour dissuader d’éventuelles infiltrations dans la ville. Ceux qui ne peuvent prendre part aux veillées populaires se tiennent prêts dans leurs maisons avec les bidons et des casseroles. Dès qu’un incident se produit, on tambourine sur les ustensiles pour alerter la cité, une technique d’autodéfense qui a souvent fait ses preuves dans cette partie meurtrie du pays. Mais elle ne suffira pas, et la population en prend de plus en plus conscience. Des assaillants qui, aujourd’hui, attaquent à l’arme blanche, reviendront sûrement avec des armes à feu. Ils ne reculeront pas devant le bruit de casseroles. D’où l’idée qui fait son chemin, d’une organisation de la population en groupes d’auto-défense.
Personne ne sait combien d’armes circulent dans le Kivu. Ce qui est certain est que, si la population en arrive à devoir créer des groupes d’autodéfense, les armes à feu feront leur réapparition dans les maisons d’habitation. Des jeunes aptes au combat afflueront des villes et des villages pour se battre aux côtés de leurs communautés respectives. Du déjà-vu. C’est ce qu’on appelle « mai-mai ». Les Mai-mai n’étaient rien d’autre que les populations congolaises qui, face à un gouvernement défaillant et une communauté internationale aux abonnés absents, s’étaient organisées en milices tribales pour opposer une résistance armée aux agressions qu’elles subissaient, notamment de la part des « Rwandais ».
Ils ont pourtant pris des engagements !
Depuis, des engagements ont été pris sur le plan national et international. On a appelé les milices congolaises à déposer les armes et à s’impliquer dans un processus de rétablissement de l’unité du pays. On a promis que les groupes armés étrangers seraient neutralisés. Des engagements ont été pris à Sun City pour garantir aux autorités de Kinshasa le monopole de la mission de protéger la population congolaise, ses biens et le territoire national. Sur le plan international, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série de Résolutions renforçant les pouvoirs de la force de maintien de la paix. Cette force a aujourd’hui mandat pour user des armes pour protéger la population.
En mars 2013, une brigade d’intervention a été créée par la Résolution 2098 avec pour mission de « traquer » et d’éliminer tous les groupes armés opérant sur le sol congolais. Sur le plan politique, le pays a organisé deux élections majeures (2006 et 2011) et est supposé avoir eu assez de temps pour se doter d’un personnel politique à la hauteur des défis. Les autorités devraient être en mesure de prévenir des attaques contre la population comme celles qui se produisent depuis dix mois, ou, au moins, de retrouver leurs auteurs et leurs complices pour qu’ils répondent de leurs crimes devant la justice. Eh bien non !
Il y a une impressionnante présence militaire à Beni chapeautée par une dizaine de généraux et autres « très haut-gradés » de l’armée. Comme du temps de Mobutu, on apprend de l’ONG RRSSJ, que les généraux congolais se livrent aux trafics[4] et se chamaillent entre eux à n’en point finir. Les salaires des militaires ont été détournés. Les généraux font des affaires. A leurs côtés, il y a une importante présence des casques bleus. D’ailleurs, les massacres se sont déroulés alors que le patron de la Monusco, Martin Kobler, se trouvait dans la ville, de même que le nouveau commandant de la 3ème région militaire qui inclue le territoire de Beni, mais aussi le gouverneur de la Province du Nord-Kivu. Les assaillants ont frappé quand même et ont continué de trucider la population en toute impunité. Sous la barbe de tout ce « beau monde » dont les Congolais se demandent qui, finalement, est responsable de quoi. La faute à qui ?
La communauté internationale verse, depuis quinze ans, plus d’un milliard de dollars chaque année pour financer la Mission de l’ONU au Congo (1.506.067.900 dollars pour la période du 1er juillet 2014 au 30 juin 2015).
Une mission dont tout porte à croire qu’elle devrait prolonger sa présence dans le pays pour une durée qui reste indéterminée, quelle que soient les critiques dont elle fait l’objet au quotidien. On ne voit pas comment la Monusco pourrait se désengager du jour au lendemain au profit de ces autorités congolaises-là, toujours pas prêtes à assumer seules la charge de protéger leurs populations. Elles sont empêtrées dans des crises qu’elles ont créées de toute pièce. Le pays est paralysé par une insurmontable crise de légitimité depuis les élections calamiteuses de 2011. Et pour ne rien arranger à la situation, la crise se trouve aggravée depuis de nombreux mois par l’interminable débat sur une possible révision de la Constitution afin d’assurer à Joseph Kabila une présidence à vie[5].
A qui donc confier la charge de protéger la population congolaise ? Face au vide, la population manifeste contre la Monusco et son patron Martin Kobler. Bilan : deux morts[6]. Pour une fois, l’Etat congolais s’est servi de ses armes. Pas contre l’ennemi qui massacre de paisibles citoyens, mais contre sa propre population « coupable » d’avoir manifesté pour dénoncer les massacres qu’elle subit.
A Kinshasa, tout est fait pour méconnaître le martyre de cette population, voire tout simplement son existence. Les autorités n’auront même pas eu la présence d’esprit d’organiser un hommage national à la mémoire des victimes, de mettre, comme dans n’importe quel pays, les drapeaux en berne, de s’adresser solennellement à la nation et d’initier des actions de solidarité en faveur des victimes, des rescapés et de leurs familles. C’est-à-dire tout ce qu’il y a de plus normal lorsque les dirigeants d’un pays prennent conscience qu’ils ont failli à leur mission de prévenir des drames comme ceux de Beni et de Mutarule. Ici, rien à faire ! Personne n’est responsable de rien. Au Congo, l’irresponsabilité gangrène la vie politique d’un bout à l’autre. Mais on se bouscule quand même pour être nommé dans un prochain gouvernement. Le gouvernement de « cohésion nationale ». Boniface MUSAVULI
RDC: une "marche de colère pacifique" de l'opposition dispersée à Goma.

http://7sur7.cd/new/wp-content/uploads/2014/09/afp.jpg
27/10/14
Une "marche de colère pacifique" de l'opposition dénonçant de récents massacres dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a été dispersée samedi matin à Goma, capitale provinciale, ont annoncé des opposants et le maire de la ville.
Samedi matin dans le centre-ville de Goma quelques "centaines" de militants se sont réunis à l'appel, notamment, de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition, et de l'Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d'opposition. Leur "marche de colère pacifique" visait à "compatir avec les compatriotes (du territoire) de Beni", où environ 80 personnes ont été massacrées en octobre, a expliqué à l'AFP Stéphane Mashukano, porte-parole de l'UNC au Nord-Kivu. Elle dénonçait aussi l'"insécurité dans la ville de Goma". Selon ce porte-parole, le maire de Goma, Naason Kubuya Ndoole, leur a demandé de se disperser mais ils ont refusé. La police a eu recours au gaz lacrymogène, a-t-il ajouté, affirmant qu'il y avait eu plusieurs blessés.
Interrogé par l'AFP, M. Kubuya Ndoole a expliqué que la manifestation avait été "interdite" et que la police était intervenue pour disperser les "quelques dizaines de manifestants" qui ne voulaient pas partir. "A Goma, il y a une paix précaire (...). Nous n'autorisons pas qu'il y ait encore des agitations", alors que le ministre de l'Intérieur, Richard Muyej, et les autorités de la province tentent d'"apaiser les esprits" à Beni et sa région, a-t-il insisté.
Au cours de la dispersion, le président fédéral de l'UDPS, Rubens Mikinbo, a été arrêté, a-t-il déclaré à l'AFP juste après sa libération, peu avant 12h00, heure locale (10h00 GMT). Le maire de Goma a confirmé que M. Mikinbo avait été "interpellé" brièvement pour avoir voulu "entêter la population" à manifester. Le territoire de Beni a été ensanglanté en octobre par une succession de massacres attribués aux rebelles islamistes ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF): environ 80 civils ont péri en moins de quinze jours, provoquant des manifestations de colère dans plusieurs villes.
Opposée au régime du président ougandais Yoweri Museveni, l'ADF est présente depuis 1995 dans l'Est congolais, où de nombreux groupes armés sévissent depuis 20 ans. En janvier, l'armée et les casques bleus ont lancé des attaques qui l'ont affaiblie mais les rebelles ont repris l'initiative depuis quelques mois.
Martin Kobler félicite Caddy Adzuba, lauréate du Prix “Prince des Asturies de la Concorde”
http://7sur7.cd/new/wp-content/uploads/2014/10/caddy.jpeg
http://7sur7.cd/new/wp-content/uploads/2014/09/rtga.png
27 octobre 2014

Caddy Adzuba a reçu ce prix “Prince des Asturies de la Concorde ”en Espagne, dans la catégorie « violence faite aux femmes ». La lauréate a indiqué que « ce prix représente une reconnaissance de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes dans l’Est de la RDC ainsi que la lutte contre la pauvreté. Elle a aussi souligné le rôle important que joue la radio de la paix en RDC, Radio Okapi ».
Cet engagement militant de Caddy Adzuba se traduit par sa participation active comme membre de l’Association des femmes des médias du Sud-Kivu (Afem), qui œuvre pour la liberté de la presse et l’information sur la question des violences sexuelles. Ce prix a été décerné à notre collègue pour son engagement actif au sein de cette association.  « Nous sommes déterminés à ce que Radio Okapi puisse continuer cette noble mission au service du peuple congolais avec des journalistes talentueux comme Caddy Adzuba, qui a du mérite pour son engagement militant et professionnel.
Le prix Prince des Asturies de la Concorde lui a été décerné, en récompense d’une contribution « exemplaire et primordiale à l’entendement et à la connivence pacifique entre les hommes, à la lutte contre l’injustice, la pauvreté, la maladie, l’ignorance ou à la défense de la liberté ; qui aient ouvert de nouveaux horizons à la connaissance, ou se soient distingués d’une manière extraordinaire, dans la conservation et la protection du patrimoine de l’Humanité ».
Il sied de souligner que le « Prix Prince des Asturies » de la Concorde, est l’un des prix les plus convoité de la scène européenne. Le président du jury pour ce « Prix Prince des Asturies » de la Concorde, a salué en Caddy Adzuba une « personnalité qui symbolise la lutte pacifique contre les violences envers les femmes, les pauvres et la discrimination ». Les Prix Prince des Asturies sont les suivants : Communication et Humanités, Sciences Sociales, Arts, Lettres, Recherche Scientifique et Technique, Coopération Internationale, Concorde et Sports.
Les Prix Prince des Asturies sont dans leur ensemble, voués à distinguer le travail scientifique, technique, culturel, social et humain mené à l’échelle internationale par des personnes, des équipes de travail, ou des institutions. Les propositions de candidature à l’un de ces Prix doivent être de la plus haute exemplarité, et l’œuvre ou la contribution du candidat doivent jouir d’une transcendance internationale avérée. JMNK

http://afrikarabia.com/wordpress/wp-content/uploads/2013/11/LOGO-AFRIKARABIA-2013.png
http://fr.africatime.com/sites/default/files/styles/taillevariable/public/photo-articles/2014/oct/paul_nsapu_mukulu.jpg?itok=rHNae45X
24 oct 2014
Par Christophe RIGAUD
Le défenseur des droits de l’homme, Paul Nsapu (FIDH), dénonce les conditions d’exécution de l’amnistie accordée par Kinshasa aux groupes armés. Selon lui, les libérations se déroulent « au bon vouloir » d’une commission composée exclusivement des principaux organes de sécurité du régime.

Afrikarabia – Environ 850 personnes ont bénéficié de la loi d’amnistie en République démocratique du Congo concernant des faits de guerre, insurrectionnels ou infractions politiques entre 2006 et 2013. Cette amnistie était-elle nécessaire pour pacifier le pays ?
Paul Nsapu – D’un certain point de vue, cette amnistie était nécessaire. Elle a permis la libération de personnes innocentes qui avaient été arrêtées sans motif valable sinon pour  des raisons discriminatoires ou idéologiques. Mais au départ, il faut se souvenir que le gouvernement ne voulait l’amnistie que pour le M23. Il a été ensuite contraint par la société civile, une partie de l’opposition politique, ainsi que la diaspora, d’élargir la liste des bénéficiaires.
Afrikarabia – Comment s’est déroulée la mise en œuvre de cette amnistie par les autorités congolaises ?
Paul Nsapu – L’exécution de la loi d’amnistie est problématique. En principe, ce sont les instances judiciaires (les Parquets), les Cours et Tribunaux où les bénéficiaires étaient déférées, qui devraient s’en occuper. En fait, c’est une commission mixte sécuritaire, composée des agents de l’ ANR (les renseignements congolais), de la DEMIAP, la Police, de la présidence de la République, ainsi que l’auditorat, qui a décidé des libérations. Les libérations se sont déroulées par vagues, selon le bon vouloir des membres de cette commission. C’est ainsi que dans un groupe, certaines personnes ont été libérée alors que d’autres sont encore en détention. Ces libérations sont sélectives et discriminatoires. On a vu que lorsque le M23 a haussé le ton, ainsi que les Bakata Katanga, on a aussitôt libéré une centaine de personnes de leurs groupes, tandis que les détenus qui sont isolés, à deux ou trois… restent maintenus en prison.
Afrikarabia – Dans quelles conditions ces prisonniers amnistiés ont été libérés ?
Paul Nsapu – Lors de ces libérations, les civils ont regagné leur domicile alors que les policiers et militaires étaient cantonnés dans un centre à la périphérie de la ville. Dans ce centre de l’Inss à Mama Mobutu, les conditions sanitaires sont déplorables et il y a une forte surpopulation. Il faut également souligner que lors de leur arrestation, la plupart de prisonniers se sont retrouvés dépouillés de leurs biens : véhicules, argent et cartes bancaires. Il y a notamment le cas d’Eric Kikunda, propriétaire d’une jeep Hyundai, qui voit désormais son véhicule rouler avec une plaque militaire ! Il y a visiblement une consigne du premier Président de la Haute Cour Militaire interdisant aux juges de remettre les biens saisis. C’est clairement un enrichissement répréhensible par la loi.
Afrikarabia – Ces amnisties ne sont-elles pas synonymes d’impunité pour les victimes ?
Paul Nsapu – Oui, pour beaucoup l’amnistie est synonyme d’impunité car il n’y a eu aucune enquête, aucun procès pour déterminer les responsabilités dans les différents crimes commis. C’est seulement sur la base de listes que les actes d’engagement sont délivrés. Ces personnes ne sont pas identifiés comme il se doit. Je pense que même des enquêtes sommaires sur les lieux des crimes auraient permis d’identifier certains auteurs de ces crimes.
Afrikarabia – Les anciens rebelles du M23 ont déclaré être déçus par ces amnisties. Ils en attendaient 4.000 alors que seuls 193 noms ont été publiés. N’est-ce pas un risque de voir le M23 reprendre les armes ?
Paul Nsapu – La tentation est grande pour les rebelles de faire figurer sur la liste un maximum de noms et notamment de faire passer des non-nationaux. Il est donc difficile de  confirmer le chiffre de 4.000 ex-M23 étant donné qu’il fallait exclure ceux qui se seraient rendus coupables des crimes graves. Comment le savoir pour les exclure? Quels critères utilisés? Difficile de dire que l’amnistie va pacifier le pays car, à chaque fois, ceux qui prennent les armes trouvent toujours un prétexte dans le non-respect des accords avec le gouvernement pour reprendre le chemin de la rébellion. Il y a eu le RCD, puis le CNDP avec Laurent Nkunda, plus tard c’est Bosco Ntaganda, puis enfin le M23. Le problème de fond ce sont les conflits entre dirigeants : rwandais, burundais, ougandais et congolais. Il faut un vrai débat sur toutes ces questions. Il revient donc aux différents États signataires de ses accords de peser de tout leur poids pour que ces ex-rebelles ne reprennent plus les armes. Je pense notamment au Rwanda et à l’Ouganda qui les hébergent encore.
Afrikarabia – Le nouveau plan DDR III de démobilisation et de réinsertion des groupes armés tarde à se mettre en place. Que peut-on faire des anciens miliciens ? Doit-on les réintégrer dans l’armée régulière ?
Paul Nsapu – Il est vrai que le programme de DDR traîne et c’est cela le danger qui nous guette. Il y a effectivement un risque de voir un autre mouvement rebelle naître à partir de ce cantonnement. Il y a un réel problème de prise en charge des anciens groupes armés. Par contre, je ne pense pas qu’il faille encore réintégrer les anciens miliciens qui, au vu de différents mouvements rebelles et de leur présence dans ces derniers, ont pris l’habitude de recourir à chaque fois aux armes pour défendre leurs intérêts et pas ceux des populations.
Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia
Distribué par:
Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
Montréal (Québec), Canada
Tél. (001) 438-994-6072

cic

Compteur

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterCette Semaine8758
mod_vvisit_counterCe Mois - ci48526
mod_vvisit_counterAu Total2864038


Sur Facebook